La tension est montée d’un cran jeudi aux Pays-Bas, après la nouvelle
convocation du député d’extrême droite Geert Wilders par le
gouvernement, inquiet des conséquences de son film fustigeant l’islam,
et les menaces de talibans contre les troupes néerlandaises en
Afghanistan.
“C’était une heure d’intimidation pure”, a déclaré M. Wilders à la
presse néerlandaise dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’issue de
cette réunion avec les ministres des Affaires étrangères Maxime
Verhagen et de la Justice Ernst Hirsch Ballin.
Il s’est cependant dit “déterminé” à diffuser le film sur lequel il
travaille depuis l’automne 2007, dans lequel il veut démontrer le
caractère “fasciste”, selon lui, du Coran.
Le ministère de la Justice a indiqué que la conversation avait porté
sur les éventuelles conséquences juridiques pour M. Wilders, si son
film était blasphématoire ou incitait à la violence.
Les trois hommes ont également évoqué les conséquences politiques et
économiques pour les Pays-Bas et les menaces pesant sur les
institutions néerlandaises à l’étranger, a indiqué le ministère.
A Kaboul, un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a affirmé
à l’AFP que si le “film insultant” était diffusé, les talibans
multiplieraient leurs attaques contre les 1.665 militaires néerlandais
déployés en Afghanistan dans le cadre la Force internationale
d’assistance à la sécurité (Isaf).
M. Wilders “doit réfléchir sérieusement à ce qui est en jeu, et se
demander sérieusement s’il va au bout de son projet”, a déclaré M.
Verhagen sur la radio publique Radio1.
En novembre, le gouvernement avait déjà convoqué M. Wilders après
l’annonce de son projet, et en janvier, les éventuelles retombées
avaient été largement évoquées lors d’un conseil des ministres afin de
préparer les autorités à de possibles réactions de colère des
musulmans.
Cette vidéo d’une quinzaine de minutes, qui s’intitulerait “Fitna” (en
arabe: division et discorde au sein de l’islam), sera prête en fin de
semaine et diffusée en mars, sans doute sur un site Internet, avait
indiqué le député.
Geert Wilders, 44 ans, ancien élu du Parti libéral et aujourd’hui chef
du Parti pour la liberté (PVV, 9 sièges de députés sur 150), a appelé
le Parlement à interdire le livre saint des musulmans qu’il compare à
“Mein Kampf” d’Hitler, estimant qu’il fallait en “déchirer” certaines
parties.
Les autorités néerlandaises craignent qu’il n’exécute sa menace ou ne
le brûle devant la caméra, provoquant aux Pays-Bas et à l’étranger une
affaire comparable à celle des caricatures de Mahomet publiées par la
presse danoise.
A l’issue d’une réunion ministérielle à Brodo Pri Kranju, en Slovénie,
le 26 janvier, plusieurs ministres avaient également exprimé leurs
craintes de tensions avec le monde islamique.
Des pays comme l’Iran ou l’Egypte ont exprimé leur indignation,
menaçant les Pays-Bas d’un boycottage économique et déplorant des
“attaques gratuites”.
De nombreuses associations musulmanes néerlandaises ont déjà appelé
les musulmans du pays au calme, les priant de ne pas répondre à la
provocation.
Selon les médias, le film montrerait notamment des images de
l’actualité sanglante des pays musulmans: “une décapitation en Irak,
une lapidation en Iran et une exécution en Arabie saoudite, où la
charia (loi islamique, ndlr) est appliquée”, en les rapprochant de
sourates du Coran.
Le député vit sous protection policière depuis l’assassinat en 2004 du
cinéaste et polémiste Theo van Gogh, égorgé par un islamiste après la
diffusion sur une chaîne publique de son film “Submission”, dénonçant
l’oppression des femmes dans le monde islamique.
Le scénario avait été écrit par l’ancienne députée néerlandaise
d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, ancienne collègue de M. Wilders
au parti libéral, et qui vit elle aussi sous protection policière.
Le film “Fitna” traduit en Français :
http://www.dailymotion.com/video/x4vfdf_fitna-version-francaise-geert…