Publié par : katim3 | mai 23, 2007

La mort du fils

Une mère perd son fils dans un accident de la route. Pour survivre, elle s’accroche au meilleur ami du disparu. Malgré Catherine Deneuve, on n’y croit pas tout à fait.

Avec Catherine Deneuve,

Thomas Dumerchez,

Quoi de plus terrible que la perte d’un fils ? Celui de Camille était jeune, beau, joyeux, un peu fou. Il est parti un soir faire la fête avec Franck, son meilleur ami à la fac. Et il n’est pas revenu : sa voiture s’est fracassée contre un platane. C’est Franck qui conduisait. Lui a survécu … Et c’est à lui que Camille, éperdue, s’accroche, au grand dam de sa famille, pour survivre – et peut-être faire survivre celui qui n’est plus. C’est à lui qu’elle propose l’hospitalité, et un job à mi-temps dans sa librairie, pour qu’il puisse préparer ses examens, ceux que le disparu ne passera jamais. A lui qu’elle tente, maladroitement, d’extorquer les secrets du fils que, peut-être, elle ne connaissait plus tout à fait. A lui qu’elle rêve, sans se l’avouer, quand elle veut, fort belle encore, se prouver que sa vie n’est peut-être pas finie. Camille se croit, se veut forte, mais elle est brisée. Elle ne peut s’empêcher d’aller, compulsivement, gratter avec ses ongles le tronc qui a tué son fils. D’y retourner sans cesse, et d’y emmener Franck…

Deneuve magnifique de dignitéL'image « http://www.le-hiboo.com/wp-content/uploads/les-fils-de-l-homme.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

Il n’y a rien de plus terrible que la perte d’un fils et l’on s’attend, d’emblée, à être bouleversé. D’autant que Gael Morel, qui signe ici son cinquième film après avoir été l’un des adolescents des « Roseaux sauvages » d’André Téchiné en 1994, dirige ici la grande Catherine Deneuve. Magnifique de dignité et de fragilité inextricablement mêlées, jusque dans l’expression d’une souffrance animale, jusqu’aux abords, même, de la folie, elle est impressionnante parce qu’elle parvient, toujours, à éviter tout pathos. Est-ce cette nécessaire retenue, voulue, ou naturelle, de l’interprète ? Ou plutôt la théâtralité d’un scénario parfois très artificiel ? Sur un thème identique, dans « La Chambre du fils », de Nanni Moretti, on avait eu le coeur en morceaux. Ici, curieusement, l’émotion reste souvent à la porte…

ANNIE COPPERMANN


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